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 Devoir de memoire. Memories. [Opium]

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Storm

    Ẳ ℓ'αιѕє
    On s'connait, non ?


Puf : Qatar
Naissance : 26/09/1995
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MessageSujet: Devoir de memoire. Memories. [Opium]   Lun 20 Juin - 4:54

    Sous tes sabots, une terre inexplorée. Dans tes crins sombres, un vent nouveau. Dans le vent, l'amalgame étrange d'odeurs amies et ennemies. Dans tes yeux, une poussière vierge de sang. Tu regardes vers le passé, tes yeux bruns scrutant l'obscurité d'un passage qu'une meute et un clan ont traversé pour échapper à l'apocalypse. Tu le sens, c'est une nouvelle erre. Tu le sais, de nombreux changements se sont et vont s'opérer. Tu as conscience de ce que tu deviendras. Tu vois que c'est un nouveau départ. Tu devines que tu auras un rôle important, même dans ta jeunesse plus tout à fait innocente. Et tes sabots, sur la terre de ta nouvelle existence et de la leur, construiront l'avenir qu'il te faudra pour exister encore, toujours plus loin, toujours plus fort.

    Il y avait un peu plus de trois années que Storm, le poulain à la robe ébène, avait vu le jour. Sans tenir compte des événements tragiques qui avaient suivi sa naissance, il avait grandi convenablement, s'était épanoui au sein du troupeau, même sans l'éducation de sa véritable mère et avec celle d'un père qui n'était pas à proprement parler présent pour son fils. Non pas que Yaar, car tel était le nom du géniteur du poulain noir, n'ait jamais aimé son fils mais il ne le lui avait seulement jamais montré. La mort prématurée de sa mère avait poussé Storm à réfléchir longuement sur lui-même et sur le responsable de ce décès. Il avait gardé sa fougue et sa fraîcheur mais il avait également gagné en maturité depuis qu'il avait eu l'âge de comprendre que sa mère était partie bien trop tôt, ayant eu juste le temps de le mettre au monde.

    Et je me tiens là, à la jonction des deux mondes. La terre de mes ancêtres, calcinée, détruite, perdue à jamais et notre nouvelle terre, encore pleine de ses richesses. Le Passage est sombre et l'odeur de l'angoisse et de la terreur s'en échappe encore, malgré l'année qui nous séparent de notre fuite des terres brûlées. Je tend l'encolure et dilate mes naseaux pour expirer longuement. Une épaisse couche de poussière s'envole et s'éloigne dans l'ombre du passage souterrain. Je plisse mes yeux sombre et avance de deux pas. Ma curiosité se réveille et je me sens irrésistiblement attiré par la faible luminosité qui pointe à l'autre bout du tunnel. Ce n'est pas vraiment étroit, c'est même assez spacieux pour faire passer au moins deux chevaux côte à côte à l'intérieur. Imaginez la débandade qu'a été notre fuite. Une descente aux enfers à laquelle plusieurs d'entre-nous n'ont pas survécu. Je ferme un instant les yeux.
    Je suis jeune, les flammes viennent parfois mordre mon flan qui se soulève beaucoup trop rapidement au rythme de ma respiration saccadée. Je m'essouffle, me cherche mon père des yeux. Il n'est pas là, bien entendu. Mais j'entends les ordres d'Opium et ses mots me redonnent du courage. Je dois tenir, survivre, pour qu'il soit fier de moi, qu'il me respecte, qu'il sache à quel point je peux être vif et plein de fougue lorsqu'il s'agit de sauver le troupeau. La fumée envahit ma vision mais j'essaye de suivre le mouvement. Il y a une sortie. Il y a forcément une sortie ; il y en a toujours une. Si ma mère avait été là, elle aurait su comment me mettre à l'abri, me protéger. Mon père n'en a aucune idée et je dois m'efforcer de suivre le train d'enfer qu'imposent les membres de l'Elite, menés par Opium. Il ne faut pas que je lâche le troupeau, sinon je suis perdu. J'accélère encore, je ne sens presque plus mes jambes encore frêles mais bientôt plus musclées que n'importe lesquelles. J'ai l'impression que mes poumons vont exploser. La fumée m'empêche de respirer. Ma vue se brouille. J'entends autour de moi des râles, des chutes, la poussière vole sous les corps qui s'écrasent de tous côtés. Je m'efforce de ne pas y faire attention. Les loups sont là, eux aussi, mais personne ne pense à gagner la guerre en une situation aussi critique. Je galope toujours plus vite, me disant que c'est bientôt la fin mais qu'au moins je n'aurai pas abandonné.
    Et enfin, le calme. Un toit solide nous protège des chutes répétées des pierres enflammées. Je ralenti un peu l'allure et essaye de regarder autour de moi. Alors c'est ça, l'enfer ? Ou bien sommes-nous tous sauvés ?
    Je rouvre les yeux. Douloureux souvenirs, mais je ne dois pas les laisser s'effacer. Se rappeler, toujours. Ne pas oublier, jamais. Je secoue lentement la tête et m'avance encore. Je veux revoir pour me souvenir. Revoir cette terre calcinée que j'ai brièvement habitée, que mes parents, mes ancêtres ont foulée. Je jette un coup d'œil derrière moi pour vérifier que personne ne m'a suivi, gratte légèrement le sol du bout de mon sabot et m'avance lentement vers l'autre bout du tunnel. Qu'y-a-t-il ? Ne vaut-il mieux pas que je rebrousse chemin, que je retourne dans l'herbe fraîche, verte, avec mes camarades. Non. Je veux savoir. Je dois savoir. Je suis irrésistiblement attiré par la lumière blafarde qui luit à l'autre bout de ce couloir qui nous a tous sauvé, nous qui avons réchappé de cette catastrophe, laissant nos frères sous la pluie de feu mais sauvant notre peau. Je veux honorer leur mémoire, voir ce qui les a tués. Je veux me souvenir.
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Opium Deal

    Fσи∂αтяιcє


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MessageSujet: Re: Devoir de memoire. Memories. [Opium]   Lun 20 Juin - 12:00


Et si seulement j'arrivais encore à me souvenir,
peut-être que les arbres et les fleurs repousseraient.

Combien de mois déjà, qui se sont écoulés, sans qu'il ne puisse parcourir les terres tant chéries ? Depuis combien de temps déjà la folie s'est éprise de son âme, jusqu'à l'empêcher d'être parcouru de raison ? Pendant des jours et des jours, le Dominant a parcouru ses nouvelles terres et s'est surtout enfoncé au cœur des Dunes de Grenat, jusqu'à croire y mourir étouffé ou égorgé. Pourtant il n'a jamais reculé, il les a traversé entièrement. Et pour quoi, au juste ? L'étalon n'a fait que le contraire de ce qu'il souhaitait réellement. Lentement il a sombré dans un désespoir profond, mélange de détresse et de haine pendant que sur les terres d'Exode, celles qu'il avait foulé depuis son premier souffle, son reflet l'appelait à grands battements de cœur. Lui hurlait de revenir, de les parcourir, de les aider. Mais le mâle ne cessait de se demander qu'elle était le remède de ce mal qui consumait leurs entrailles. Le Catastrophe ne leur avait à tous rien laissé d'autre que du sang et l'odeur de la chair brûlée, la vue de toute végétation calcinée. Il n'y avait plus rien, derrière elle.

Parfois, quand le volcan émettait ces toussotements étouffés, le Dominant ne pouvait s'empêcher de sursauter, de lever sur le monstre des yeux horrifiés. Chaque fois il prenait peur que ce cauchemar ne recommence. De longs frissons parcouraient son corps au souvenir de cette nuit-là. Où n'était-ce pas plusieurs nuits ? Car durant combien d'heures le volcan avait-il ravagé leur lieu de vie exactement ? Opium ne saurait plus le dire, car chaque fois qu'il revivait ces instants de peur intense et de souffrance implacable, il ne voyait que les siens qui s'écroulaient un à un. Il voyait leur corps se faire déchirer, leurs os se briser, leur chair se consumer. Il sentait encore les relents de peau brûlées mêlés aux effluves puissantes de la panique des siens et de celle des loups, leurs ennemis de toujours qui, cette fois-là, se lièrent à eux pour sauver leur peau à tous. La Catastrophe avait tout emporté avec elle. Tout. Même Elle ; celle qui n'aurait jamais du le quitter.

Mais durant la nuit, l'étalon de jais avait entreprit le voyage retour, seul, comme certains l'avaient déjà fait, comme lui n'avait pas encore osé le faire. Ces puissants membres l'avaient porté jusqu'à la barrière rocheuse qu'il avait traversé dans la quasi obscurité, pour que sous les rayons blafards de la lune se déroule un paysage piteux, délabré où ne restaient debout que quelques irréductibles. Sous les yeux protecteurs de l'astre lunaire, le Dominant avait trotté toute la nuit durant, suivant un tracé incertain au travers de lieux qu'il avait du mal à reconnaitre. La rivière n'avait pas repris son cour. La vallée s'était creusée. La forêt était plus sombre que jamais. Pourtant, quand il baissa l'encolure pour laisser ses naseaux frémir près du sol, il avait pu repérer l'odeur de la nature neuve, comme quand le printemps s'éveillait. Parfois, au milieu des plaques de poussière grisâtres, l'herbe avait repris ses droits, perçant la couche de mort. Mais le plus dur à vivre pour le grand mâle était la découverte régulière des restes osseux de l'un de son troupeau. Chaque fois il levait les yeux au ciel et adressait une prière. Chaque fois il priait pour que ce ne soit pas celle qu'il aimait tant. Chaque fois il se répétait que quoi qu'il fasse, il ne la retrouverait pas. Il devait se l'avouer ; la fatalité.

Le cœur lourd de regrets et de tristesse, le corps fatigué et engourdi de sa longue marche, il avait décidé de retourner vers les terres de Kalnas, où la majorité de son espèce se reposait encore en espérant soigner leurs blessures. Mais les blessures de l'âme ne se guérissent jamais complétement et un jour viendra où il serait obligé de les emmener ici, pour reprendre leurs droits. Pour l'instant, ils vivaient entre deux mondes. Opium avait le pas lourd et la démarche las, l'encolure basse. Mais ne vous fiez pas à son air si fragile car bien qu'il ne porte plus fièrement sa tête, ses sens restaient aux aguets de son environnement pour qu'à la moindre menace, il soit prêt à réagir. Les siens avaient péris ; il devait vivre pour honorer leur mémoire.

Rappelle-toi de cela, jeune poulain. Sans doute le sais-tu déjà, toi qui ressemble tant à ton Dominant ou plutôt celui que lui-même était à ton âge, ou presque, avant que son père ne soit tué. Le mâle ainé sentit ton odeur avant que tu n'apparaisses à ses yeux car lui même allait s'engager dans ce passage que vous tous connaissiez maintenant, ce passage qui vous avait tous sauvé. Alors il préféra se reculer tout en relevant la tête plus haut, les naseaux dilatés pour mieux percevoir l'effluve qui lui chatouillait les sens. Impassible, il attendit que tu sortes de l'ombre dans laquelle tu te fondais parfaitement. Le Dominant se trouvait à ta gauche, à l'angle de l'entrée, il avait suivi la côte sur le chemin du retour. Sur ses membres se mêlaient boue et sable, mais aussi du sang suintant de nombreuses écorchures. Ses yeux d'encre se posèrent sur toi qui croyait peut-être t'éloigner sans qu'aucun mot ne brise le silence.


« La terre que nous avons connu n'est plus. Tu ne devrais pas t'aventurer en son coeur, la Mort y plane encore, Storm. »


{ Faudra me dire ce que ça donne, parce qu'il est vraiment tard - tôt ? - mais j'avais très envi de te répondre, néanmoins je trouve que tout cela fait assez brouillon. :S }

_________________

« Opium Deal »
Coupable, témoin et victime tout à la fois.


« Il existe une règle incontournable dans le jeu de la vie. C'est que tôt ou tard, chacun doit arrêter la partie. »
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    Storm

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    MessageSujet: Re: Devoir de memoire. Memories. [Opium]   Mar 28 Juin - 2:48

      Vis pour voir le futur. Survis pour voir tes enfants grandir, ta terre renaître.

      Il y avait d'abord eu ma mère puis mes frères et sœurs, mes camarades de troupeau. Ensuite il y avait eu l'esprit de famille de notre horde. Tout cela avait disparu. Emporté par les flammes de l'enfer qu'avait craché le volcan. Les poulains qui naissaient encore ne connaissaient que la misère, la mélancolie et le chagrin de leurs aînés. ces valeurs de famille persistaient, résistaient tant bien que mal à la déchirure. Moi qui n'avait connu que pour une courte durée cette paix presque parfaite au sein du troupeau, je regrettais ce temps où j'étais encore un jeune poulain. Et j'avais de surcroît perdu mon père.

      Les temps étaient durs pour tout le monde. Chevaux comme loups, jeunes comme vieux, mâles comme femelles. Il nous fallait nous entraider, apprendre à partager, pour survivre comme nombre de nos frères n'avaient pu le faire. Le volcan, le feu, leur avait ôté la vie, emporté leur âme. Tous les membres du troupeau avaient pour la plupart perdu au moins un membre de leur famille, un ami cher, un fils, une fille, une compagne. Même notre chef, Opium, avait plongé dans le chagrin et le désespoir d'avoir perdu Quater. Il errait parfois des nuits entières à la recherche peut-être de son esprit, d'un ectoplasme flottant au dessus du sol et criant à l'agonie. Storm le voyait se lever, tourner en rond et veiller sur les poulains près de leur mère. La jeunesse du troupeau était ce qui le sauverait, il fallait donc faire le plus possible pour sauvegarder les plus jeunes, les élever et ne pas entraîner l'extinction de la race sur l'île. Je faisais à moitié partie de cette jeunesse. Encore jeune, bientôt trop vieux. Mais je faisais partie du troupeau et de cette force encore vive qui le ferait surmonter les obstacles, redevenir la horde respectée qu'il était.

      J'hésitai encore un long moment avant de me décider à m'aventurer dans le Passage. J'avais peur de ce que je trouverais à son extrémité, et pourtant j'étais curieux de le découvrir. J'avançai, un sabot devant l'autre, avec lenteur et attention. L'encolure tendue à son paroxysme, je plissais les yeux pour mieux y voir. La lumière se rapprochait, l'entrée n'était plus très loin. Durant la longueur de mon voyage, accentuée encore par la lenteur de mes pas, j'eus le temps d'envisager toutes les possibilités, tous les paysages qui pourraient s'offrir à moi lorsque je sortirais enfin de ce tunnel rocheux. Du plus grand désespoir, de la plus grande dévastation, au plus grand espoir. Mais je savais que rien de ce que j'avais pu imaginer ne se rapprochait de la réalité. Me souvenais-je d'ailleurs vraiment de ce qu'étaient les terres vers lesquelles je me dirigeais ?

      Une fois que l'air frais fut venu caresser mes naseaux, je su qu'il était bien trop tard pour reculer. Un dernier pas et j'étais dehors. Je regardai droit devant moi. Désolation, déjà, à la sortie même du Passage. Je fermai les yeux et humai l'air ambiant. Je n'eus pas le temps de sortir son odeur, je su qu'il était là lorsqu'il prit la parole et je m'efforçai de ne pas sursauter. Il parla de la Mort qui planait sur ces terres qui étaient autrefois les siennes. Je soupirai et le regardai avec l'amertume et le chagrin d'un jeune poulain qui voulait seulement se souvenir.


        - Alors nous n'y retournerons plus jamais, Opium ? Nous serons contraints de rester... Là-bas ? »


      Je baissai la tête, attristé par la réponses que j'attendais. Il m'était impossible de croire que plus jamais nous ne reverrions les terres que quelques poulains n'avaient encore jamais foulées. Je ne pouvais laisser Opium perdre espoir. J'étais sûr qu'il pensait encore à reprendre possession de son territoire, mais il était bien possible que l'espoir s'en fut avec le temps.
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